Motards : pourquoi ne saluent-ils pas les 125 ? Astuces et explications

0,2%, c’est la proportion de motards qui n’ont jamais salué un autre pilote sur la route. Ce chiffre ne sort pas d’une étude officielle, mais il révèle la force d’un geste devenu symbole. Qu’on le considère comme un passage de témoin ou un clin d’œil complice, le salut motard, lui, résiste aux modes et traverse les générations. Pourtant, derrière ce V tracé à la main gauche, une question subsiste : pourquoi les 125 cm³ reçoivent-elles si rarement ce signe ?

Les codes du salut motard : une tradition qui unit ou qui divise ?

Le salut motard, ce fameux V inversé de la main gauche, traverse les générations. Il incarne depuis des décennies un code de communication bien ancré sur les routes françaises. D’un simple geste, les motards échangent une marque de fraternité, un clin d’œil discret à la grande famille motards. Un vrai langage à part entière, hérité de l’époque où rouler à moto relevait presque de l’engagement.

Ce signe gauche, popularisé dans les années 70 par Barry Sheene, le pilote britannique à la gouaille légendaire, s’est imposé comme le symbole d’une solidarité indéfectible. À l’origine, il s’agissait d’un simple salut, une manière de se reconnaître entre passionnés, loin des automobilistes. Aujourd’hui, le V motard est devenu une tradition, parfois perçue comme un rituel sacré, voire un filtre d’appartenance.

Mais la réalité se montre plus nuancée. Certains voient dans ce signe discret un marqueur d’expérience ou de respect du langage motard. L’absence de salut envers les conducteurs de 125 cm³ révèle une frontière, parfois ténue, entre ceux qui se considèrent de la grande famille et les autres. Pour certains, la puissance ou le type de machine dicte encore le geste, au mépris de la diversité qui compose aujourd’hui la moto en France.

Voici ce que ce fameux V évoque pour beaucoup :

  • Le V motard : plus qu’un geste, un héritage qui véhicule respect et fierté.
  • Un code qui évolue, se réinvente, mais qui divise parfois selon la cylindrée ou la formation.

La tradition perdure, mais si l’on regarde de près, on découvre que le salut motard n’a rien d’automatique ni d’universel. Il reste le reflet d’une culture complexe, parfois accueillante, parfois sélective, qui se réinvente chaque jour sur l’asphalte.

Pourquoi les motards en 125 cm³ sont-ils parfois mis à l’écart ?

Pas de hasard : le salut sur la route s’accompagne d’une série de codes hérités d’une longue tradition. Les conducteurs de 125 cm³, souvent titulaires du permis B complété d’une courte formation, peinent parfois à s’intégrer pleinement à la famille motards. Le plateau et la circulation, étapes emblématiques du permis A, marquent une différence de parcours. Certains voient là le signe d’une expérience distincte, presque d’un autre monde, où la puissance de la moto et les kilomètres avalés jouent un rôle dans la reconnaissance sur la route.

La puissance moto reste, pour certains, un critère. Les grosses cylindrées dominent la culture du salut motard. Le geste du V motard s’adresse d’abord à ceux qui partagent la même approche de la route : longues virées, équipement complet, allure soutenue. Les 125 cm³, souvent cantonnées à la ville ou aux trajets quotidiens, sont perçues comme moins engagées dans cette culture.

Pour d’autres, la différence se joue sur la sécurité et la maîtrise. Le salut se fait main gauche, sur une trajectoire et à une vitesse où chaque mouvement compte. Les réflexes acquis lors des premiers tours de roue sur le plateau ou la circulation ne sont pas les mêmes. Le pied droit rivé sur le frein, le regard fixé loin devant, certains motards hésitent à lâcher le guidon pour un signe. La position sur la machine, les minutes passées à surveiller la direction, tout cela joue dans la pratique du salut.

La frontière reste ténue. Questions de perception, de vécu, de culture. Mais sur la route, chaque salut devient un marqueur subtil d’appartenance et d’expérience.

Décryptage des règles, des idées reçues et des nuances selon les régions

La pratique du salut motard repose sur un code route non écrit, transmis de génération en génération. Pourtant, les frontières de ce langage changent selon l’endroit et l’état d’esprit. Dans l’Hexagone, le clin d’œil des initiés prend des formes différentes selon la densité urbaine ou la ruralité. À Paris, le geste s’efface, absorbé par la circulation intense et la diversité des deux-roues. Sur les routes de Bretagne ou dans le Vercors, la tradition du signe gauche persiste, signe d’une fraternité plus affirmée.

Le passage par la moto école laisse aussi une empreinte. Ceux qui ont connu le plateau circulation ou les premiers cours affichent parfois un salut plus académique. Certaines écoles, qu’elles arborent la bannière Bmw ou Piaggio, transmettent des gestes très codifiés, presque cérémonieux.

Dans ce contexte, plusieurs croyances circulent. Certains attribuent la légitimité du salut à la cylindrée. D’autres pointent le poids de la région : dans le Sud, les échanges sont plus fréquents, alors qu’en Alsace ou dans le Nord, la discrétion prévaut.

Voici comment les habitudes évoluent selon différents critères :

  • Région : taux de salut variable, héritage local fort
  • Type de moto : les BMW et Piaggio affichent parfois des codes propres
  • Formation : influence des méthodes apprises lors des cours de circu

Le langage motard demeure un marqueur social, entre explications, légendes et adaptation aux territoires. Il n’existe pas de règle absolue, seulement des nuances qui se dessinent selon les routes empruntées.

Deux motards expérimentés discutant au repos avec motos de tourisme

Conseils et astuces pour mieux vivre la fraternité motarde au quotidien

Le langage motard ne s’improvise pas. Sur la route, l’attitude façonne la perception, bien plus que la cylindrée ou le style. Adressez un signe discret, même à un pilote de 125 cm³ : ce simple geste peut transformer une sortie banale en expérience partagée. La solidarité ne s’encombre pas de préjugés, elle s’exprime dans la spontanéité du V motard ou d’un clin d’œil complice.

Évitez les gestes brusques ou ostentatoires. Un signe de la main gauche suffit, sans détourner l’attention de la circulation. Sur autoroute, la sécurité prime : préférez un salut du pied droit si la main doit rester sur le guidon. N’ayez pas peur de prendre l’initiative lors des premiers kilomètres, même quand la météo s’en mêle et que la visière se couvre de pluie.

Sur les longs trajets, profitez des arrêts pour échanger avec d’autres membres de la famille motards. Quelques minutes au relai ou sur un parking favorisent le partage d’astuces. Certains évoquent leurs premiers cours en moto école, d’autres racontent la traversée de la France ou la mémoire d’un Barry Sheene à la poignée de gaz généreuse.

Ces conseils peuvent renforcer l’esprit motard, quel que soit le contexte :

  • Privilégiez le respect des différences : chaque pilote a son histoire et son rythme.
  • Adaptez le code de communication en fonction du contexte : ville, campagne, rassemblement.
  • Valorisez la fraternité : un salut sincère se remarque, même sous un casque intégral.

La route n’efface pas les différences, mais elle offre chaque jour une nouvelle occasion de tisser des liens. Le salut motard, discret ou appuyé, continue d’accompagner les virées et d’écrire une histoire commune sur l’asphalte.