Environnement – Un point sur les objectifs de CO2

28 septembre 2009

PSA le plus proche de son objectif de réduction d’émissions de CO2, Daimler le plus éloigné

Source : http://www.autoactu.com

CO2

L’association européenne Transport & Environnement a calculé les objectifs de réduction d’émissions de CO2 que chaque constructeur devra atteindre en 2015. Selon ce calcul, effectué sur la base de leur gamme actuelle, le groupe PSA est le plus proche de son objectif, tandis que le groupe Daimler est celui qui doit effectuer les plus gros efforts pour y parvenir.

Lire le rapport (en anglais) (cliquez sur “download the report here” en bas de la page, sous “footnote”)

Le règlement CO2 adopté fin 2008 impose aux constructeurs de ramener la moyenne des émissions de CO2 des voitures à 130g/km en 2015 pour l’ensemble des véhicules vendus sur le territoire européen. Néanmoins, cet objectif de 130 g/km de CO2 étant une moyenne européenne, chaque constructeur se voit attribué un objectif spécifique, fonction de sa gamme.

Aussi, l’association Transport & Environnement a calculé l’effort de réduction d’émissions qui pourrait être demandé à chaque constructeur en 2015 à partir de leur gamme de 2008. Il a été réalisé d’après la formule de calcul du règlement et sur la base des ventes VN de chaque constructeur dans 25 pays de l’Union européenne (il manque la Bulgarie et la Slovaquie qui représentent 1% du marché)

Ce calcul, bien que provisoire, révèle que les constructeurs devront en moyenne réduire leurs émissions de CO2 de 15% par rapport à 2008 pour parvenir à l’objectif de 130 g/km (contre 153,5 g/km).

Daimler à 40 g de son objectif

Mais cette moyenne cache de fortes disparités entre constructeurs. En effet, 6 groupes sur 14 devront fournir un effort supérieur à 15% : GM (17%), Volkswagen (17%), Nissan (19%), Mazda (21%), Suzuki (22%) et Daimler (23%). Pour le groupe Daimler (Mercedes, Smart, Maybach), aujourd’hui le plus éloigné de son objectif et dont les émissions moyennes sont les plus élevées, cela représente un effort de réduction de 40 g/km de CO2 (à 135 g) sur la moyenne de ses ventes. Suzuki, qui doit atteindre le plus faible taux d’émissions (122 g) après Fiat, est également très loin de son objectif puisqu’il doit encore réduire ses émissions de 34g.

Mazda, lui aussi en mauvaise posture (à 33g de son objectif de 125 g de CO2/km), a en revanche déjà fourni de gros efforts par rapport à 2007. Le constructeur japonais a réalisé la plus belle performance, après BMW, avec une baisse de 8,2% de ses émissions entre 2007 et 2008 (de 172 g à 158 g).

PSA à 11 g, les plus difficiles

A l’inverse, les deux constructeurs français sont aujourd’hui les plus proches de leur objectif 2015 (128 g/km pour PSA et 129 g/km pour Renault). Néanmoins, ces derniers grammes sont les plus difficiles. En effet, malgré une nouvelle réduction de 2% (à 139 g/km) de ses émissions moyennes en 2008, PSA est le groupe dont les émissions ont le moins baissé. Ceci peut s’expliquer par le fait que le résultat de PSA se compare à celui d’autres constructeurs, pour certains en retard sur le sujet des émissions, qui ont fourni de gros efforts ces deux dernières années et dont le mix des ventes a sensiblement évolué du fait des incitations à l’achat de véhicules peu émetteurs (des citadines) mises en place dans plusieurs pays. En outre, preuve de la poursuite de leurs efforts, PSA et Renault (-3,2% entre 2007 et 2008) sont les deux seuls constructeurs (avec Nissan) dont les émissions baissent malgré une hausse du poids moyen de leurs véhicules vendus en 2008, le poids étant un coefficient important dans le calcul de l’objectif.

Grâce notamment à son programme “Efficient Dynamics” qui englobe une batterie d’équipements dont le but est de réduire la consommation de ses véhicules, BMW est en 2008 le constructeur qui a enregistré la plus forte réduction de ses émissions : -10,2% entre 2007 et 2008 à 154 g/km. Cette stratégie permet au constructeur allemand de se rapprocher nettement de son objectif de 138 g/km en 2015 (contre 172g en 2007).

Enfin le groupe Fiat, leader européen en termes d’émissions (138 g de CO2/km), est encore à 17 g de son objectif 2015.

Des bonifications pour les véhicules électriques

La course au véhicule électrique qui se joue actuellement pourrait néanmoins bouleverser ce classement et les objectifs de chaque constructeur. Le règlement stipule en effet que les véhicules émettant moins de 50 g de CO2/km (ce qui dans un avenir proche correspond aux véhicules électriques) comptent pour 3,5 voitures en 2012 et 2013 dans le calcul des émissions moyennes d’un constructeur. En 2014, ce coefficient sera abaissé à 2,5, puis à 1,5 en 2015 (à partir de 2016, ces véhicules très faiblement émetteurs ne bénéficieront plus de ces bonifications).

Aussi, un groupe tel que Renault notamment, qui a orienté son développement vers cette technologie, pourrait voir son mix de ventes évoluer et son objectif également. A condition toutefois que les infrastructures suivent et que les acheteurs y adhèrent.

Des objectifs individuels recalculés chaque année

A compter de 2010, les Etats membres doivent envoyer à la Commission européenne les données des ventes VN effectuées sur le marché (modèles, motorisation, etc.) l’année précédente. A partir de ces données, la Commission recalcule chaque année pour chaque constructeur son objectif d’émissions pour 2015. Celui-ci peut-être réévalué en fonction de l’évolution de la gamme du constructeur mais dans de faibles proportions.

A partir de 2012, les constructeurs devront avoir réalisé 65% de l’objectif qui leur sera attribué, puis 75% en 2013, 80% en 2014 et 100% en 2015.

Emilie Binois pour http://www.autoactu.com

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